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samedi 23 février 2013

AllonsNousLaisserMourirLaFrance


Allons-nous laisser mourir la France ?

Billet d’humeur de Bruno Lemaire, Club Idées Nation

Le président l’a dit : alors… Après avoir ‘pensé’ une croissance à 1,7% pendant la campagne présidentielle, avoir promis une croissance à 0.8%, après avoir craint une croissance de 0.3%, voilà que la messe – si l’on peut dire en parlant de Monsieur Hollande – serait dite. Il n’y a rien à faire, TINA aurait dit Madame Thatcher : There Is No Alternative. Bien heureux si nous n’entrons pas en récession en 2013.

Et pourtant, Marine Le Pen nous offre les deux seules voies pour échapper à cette litanie désespérante, qui consistent toutes deux à nous permettre de sortir de cet engrenage mortifère, accepté, voire voulu, par l’Europe. Reprendre notre souveraineté monétaire, et nous inspirer de l’esprit de la Charte de la Havane pour rééquilibrer nos échanges avec l’extérieur. Ces deux voies sont nécessaires, elles doivent être menées de front. Sur le fait que la zone euro soit un boulet pour la France, et une grande chance pour l’Allemagne, chacun le sait, ou devrait le savoir, nous n’insisterons pas ici sur ce point. C’est donc sur le deuxième point, celui du protectionnisme intelligent et équilibré, que nous allons dire ici quelques mots.

Contrairement à ce que feignent de comprendre nos opposants - dont mon presque homonyme de l’UMP, celui qui, en tant que ministre de l’agriculture ne savait pas, dit-on, ce que représentait un are – il ne s’agit pas de fermer nos frontières, mais de faire en sorte qu’il y ait un équilibre aussi précis que possible entre ce qui entre en France et ce qui en sort. Il n’y a pas besoin de savoir citer, dans le texte, du Shakespeare pour comprendre cela.

Cette recherche d’équilibre n’a donc rien à voir avec une quelconque fermeture des frontières, et comparer cette position à celle de Cuba ou de la Corée du Nord serait du plus haut ridicule, si cette caricature ne montrait pas, une fois de plus, que les tenants du système UMPS sont prêts à tout pour rester au pouvoir, et que ce ne sont donc pas les mensonges les plus éhontés qui les gênent.

Un exemple va nous permettre d’exposer ce principe d’échanges équilibrés, que Marine Le Pen dépeignait fort justement sous la locution d’écluses commerciales (qui peuvent s’appliquer aux biens et services mais aussi, par extension, aux échanges de capitaux et aux flux migratoires) : en fait, c’est un simple mécanisme d’import-export que nous allons exposer ici.

Toute entreprise, ou groupe d’entreprises, ou secteur d’activités voulant importer un certain volume de biens devra trouver une autre entreprise, ou groupe d’entreprises, ou secteur d’activités exportant un volume analogue de biens.

L’assiette de cet équilibre peut concerner un type de produits – le textile par exemple – un secteur d’activités – les machines-outils – une zone géographique (les échanges France-Allemagne ou France-Asie par exemple).

L’équilibre peut se concrétiser sous deux formes, une forme administrée – au niveau de l’administration des douanes – ou sous une forme marchande, par le biais de « droits à importer » ou de « taxes compensatoires » ces marchés pouvant être de « gré à gré » - un peu comme si une même entité faisait à la fois de l’import et de l’export – ou encore sur un marché ouvert.

Dans ce dernier cas une entreprise exportatrice recevrait par exemple un droit à importer de 10, 20, 30% de son chiffre d’affaires, qu’elle pourrait revendre à une entreprise voulant importer. La pression – tout à fait conforme à l’esprit de la charte de la Havane, celui d’échanges équilibrés et profitables - serait donc mise ainsi sur l’importateur potentiel, qui devra trouver ces « droits à importer » avant de pouvoir se livrer à son activité commerciale.

Voilà rapidement dit comment pourrait fonctionner ce rééquilibrage commercial, à la base du protectionnisme intelligent qui est le seul susceptible de nous faire sortir de la spirale « hollandaise », d’austérité et de désespoir, que nous propose notre gouvernement.