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mercredi 20 mars 2013

ElementsDeconomiePolitique


Ce que tout honnête homme devrait savoir en Economie : éléments d'Economie Politique

J'ai construit un cours "interactif" de 5 heures (éléments d'économie politique) à partir d'une trentaine de vidéos - la plupart étant dans le domaine public (d'où certains liens connus, m'étant parfois contenté de les raccourcir, ou de les couper en tranches, tout en en faisant une trame logique) - la durée de ces vidéos s'étalant entre 2 et 8 minutes.

En fait ce cours interactif va permettre au lecteur de butiner, c'est à dire de se balader, en suivant son inspiration, mais aussi en se raccrochant au fil rouge que j'ai cherché à mettre en valeur. Mais à chaque internaute, bien sûr, de suivre sont propre chemin, en fonction de ses compétences déjà acquises et de ses centres d'intérêt. Ce peut aussi être une démarche un peu plus collective, regroupant 4 ou 5 personnes se faisant chacun à tour de rôle, le "maître" et l'élève, là encore en fonction du passé de chacun.

L'idée est de faire de la "maïeutique" moderne, un mélange entre Socrate et la méthode des cas de Harvard.
Un peu de vidéo, un peu de questions-échanges des participants, un peu de commentaires de ma part, ou, plus généralement, de l'intervenant (qu'il ne s'agit donc pas de remplacer complètement ...)

[Le 'cours' est divisé en 5 UV, unités de Valeur:
  1. UV1 : « Macro-économie » (Eléments de Macro-économie et de Comptabilité Nationale)
  2. UV2 : « Enjeux socio-économiques » (Les enjeux socio-économiques : Pouvoir d’achat, emploi, retraites)
  3. UV3 : « Politique Monétaire » (Le(s) systèmes monétaires et les politiques monétaires ‘compatibles’)
  4. UV4 : « Budget » (Finances, dettes publiques et politiques budgétaires et fiscales)
  5. UV5 : « Economie Politique » (Le positionnement du programme du Front National vis-à-vis des grandes théories économiques, entre libéralisme et socialisme, entre monétarisme et keynésianisme) C'est le seul point - la seule UV - non 'public']


J'ai pensé que cela pouvait aussi intéresser toute personne, de quelque sensibilité politique qu'elle soit, sachant que seule « la Vérité rend libre ». C'est une des phrases choc de Marine Le Pen, reprise de l'Evangéliste St Jean, mais il serait à souhaiter que d'autres leaders politiques cherchent aussi à la faire leur.

A chacun, bien sûr, de se « libérer » à sa façon, et de suivre son propre parcours maïeutique, même si je suis prêt à répondre à d'éventuelles questions sur ce blog, ou ailleurs ...

Ci dessous, les commentaires et liens sur ces diverses vidéos  (la plupart de ces videos sont disponibles en format « youtube » ou « dalymotion », elles sont aussi disponibles en téléchargement – en respectant les droits d'auteur de leurs auteurs, identifiables dans les vidéos elles-mêmes, sur l'un de mes sites personnels)

Vidéo 1 : (01-00 – UV1.LePib-Kesaco) 
LE PIB mesure de la production d’une économie (hors le travail domestique)
Production des biens et services marchands et non marchands, donne un indicateur sur l’Etat d’une économie.
Cet instrument n’existait pas au moment de la grande crise de 1929, a été mis en place après la deuxième guerre mondiale.

Vidéo 1bis : (01-01 – UVI.Le PIB, c’est quoi)
Une critique sociale du PIB. Le PIB ne mesure pas seulement la création de richesses, mais aussi, parfois, l’impact de catastrophes, naturelles ou artificielles.

Vidéo 2 : (02 - UV1.LePIB_Pourquoi) 
La connaissance du PIB peut servir à piloter la politique économique d’un Etat.
Peut donner aussi une information assez importante sur les capacités de production d’un pays donné.
Un handicap de taille : les comptes définitifs, établis 2 ou 3 ans après les premières estimations, sont souvent assez largement erronés, surtout dans le contexte d’une modification assez importante de la conjoncture (exemples en 2005, en 2008, et en 2011-2012)
Est parfois utilisé pour comparer la situation de plusieurs pays.

Vidéo 3 : (03 – UV1.PeutOnComparerDesPIB) 
Les limites du PIB comme instrument de comparaison. Utiliser le PIB pour comparer la situation économique de deux pays n’est pas toujours probant, surtout lorsque ces deux pays sont très différents, sur le plan géographique, social, culturel, voire économique. Le PIB reste intéressant pour mesurer l’évolution à l’intérieur d’une zone géographique donnée, ou pour comparer l’économie de deux pays voisins, au « style de vie » analogue.

Vidéo 4 : (04 – UV1.Brice Hortefeux et le PIB de la France) 
L’évaluation du PIB est faite en utilisant un étalon monétaire. La comparaison internationale se complique donc en cas de modification du taux de change entre deux monnaies nationales.

Vidéo 5 : (05 – UV1.Dépasser la notion de PIB) 
Autre critique sociétale du PIB. Mais par quoi le remplacer, et comment mesurer son éventuel remplaçant ?  LE PIB ne fait pas le bonheur ... Et comment mesurer l'impact négatif sur l'environnement: un exemple de l'épuisement de ressources animales.


Vidéo 6 : (06 – UV1&2_3minutes …)
Dessine moi l’eco, 3 minutes pour comprendre le pouvoir d’achat
Ce que l’on peut dépenser avec nos revenus.
Tags : Indice des Prix, pouvoir d’achat, consommation, impôts, revenus, panier moyen, INSEEE

Interlude "Comptabilité Nationale": deux 'diapos' extraites de mon cours « papier » :
Décomposition du PIB suivant diverses approches : revenu, production, consommation.
Tags : Salaires, Profits, Amortissements, Import, Export.

Vidéo 7 : (07 – UV2.Pouvoir d’achat Halte au blabla_3mn25) 
Extrait d’une interview de Marine Le Pen, candidate aux élections présidentielles de 2012, sur le pouvoir d’achat et sur les mesures insuffisantes proposées par Nicolas Sarkozy.
Tags : programme économique, pouvoir d’achat, actions, relance, consommation, 2011, stagnation, misère, pension, retraités, crise économique, injustice sociale, prime, ISF.

Vidéo 8 : (08 – UV2.Dr CAC – Pourquoi la France …) 
Emission de « Dr Cac » 
Pourquoi la désindustrialisation de la France. 
Les conséquences de mauvais choix stratégiques et d’une innovation insuffisante privilégiant les services à l’industrie. Moindre compétitivité. Spécialisation sur le bas et le milieu de gamme pour les biens,facilement attaqués par les pays à bas coût.
Tags : désindustrialisation, compétitivité, secteurs d’activité, qualité, Allemagne, délocalisation, services, innovation, gamme de produits, éducation générale.

Vidéo 9 : (09 - UV2.Nicolas Dupont-Aignan et les délocalisations)
Une émission discutable de Arte et Liberation cherchant à démontrer que les délocalisations ne sont pas la véritable cause de la perte d’emplois industriels.
Tags :Dupont Aignan, services, désindustrialisation, délocalisation, externalisation

Vidéo 10 : (10 – UV2.Desindustrialisation et relocalisation) ou autre lien équivalent 
Extrait du JT de la 2 du 13/12/2011. Perte de 4 millions d’emploi en 30 ans. Peut-on relocaliser?
[voir aussi "un champion de larelocalisation ou encore une video assez technique: "réindustrialisation et délocalisation" (d'un prof de Dauphine):  ]
Tags : désindustrialisation, compétitivité, secteurs d’activité, délocalisation, relocalisation, services, innovation, externalisation, gamme de produits.

Vidéo 11 : (11-00 UV2. Le très douloureux …)(pour la seule partie 1  )
Extrait d’une émission de France Info sur la désindustrialisation, partie 1. Debat entre Haski (rue89) et Ferjou(Atlantico)
Rue89, Atlantico, désindustrialisation. Ces deux éditorialistes s’interrogent sur le bien fondé de la vision économique partagée par les décideurs et les politiques depuis plus de 30 ans sur une pseudo économie de la connaissance qui aurait du remplacer, « Fabless » - une société sans fabriques – une économie industrielle jugée par certains archaïque. Il faut aussi s’interroger sur le manque de cohérence d’une politique qui s’attaque à la libre circulation des automobiles, et qui déplore en même temps que PSA fasse d’énormes pertes.
Tags. PSA, engrenage, mode, « Fabless », stratégie, cohérence, services, économie de la connaissance, cout du travail, protection, politique économique, stratégie.

Vidéo 11bis : (11-01 UV2. Le très douloureux …) (partie 2 uniquement) 
Extrait d’une émission de France Info sur la désindustrialisation, partie 2. Debat entre Haski (rue89) et Ferjou(Atlantico)
Rue89, Atlantico, désindustrialisation.
Désaccord important sur la façon de lutter contre la désindustrialisation, bonne ou mauvaise mondialisation, impact de l'Euro, Europe du Sud vs Europe du Nord, mauvais choix stratégiques de nos industriels, trop grande recherche du profit, vision à court terme ...
TAGS: Industrie automobile, secteurs industriels, stratégie, stratégie, cohérence, coût du travail, protection, politique économique.

Vidéo 12 : (12 – UV2.OMC_Kesaco_En2m50) 
L'Organisation Mondiale du Commerce, fondée en 1995, a remplacé le GATT, créé en 1948, a son siège à Genève. Mal nécessaire, ou pas?
Tags : OMC, Organisation Mondiale du Commerce, Gatt, ONU, régulation, libre-échange, mondialisation, échanges internationaux.

Vidéo 13 : (découpée par BL en 3 morceaux) (13 - 00 UV2 et 13 - 01 UV2 et 13 - 02 UV2)
"ProtectionnismeEtPatriotisme" partie 1 (3mn49)  partie 2 (2mn40) partie3 (4mn09)
l'ensemble:     
Débat entre Christian Saint Etienne (plutôt libéral centriste) et Emmanuel Todd ( sociologue 'de gauche' touche à tout et assez fluctuant dans son idéologie) . Le premier défend l'Euro, le second l'attaque, tout en défendant un patriotisme européen ...
Tags: crise, Protectionnisme, patriotisme, Europe, Euro, Todd, Saint Etienne, idéologie, Etat, libre échange, mondialisation.

Vidéo 14 : (14 - UV3 Essence de l'Argent-Conte Medieval) 
La véritable nature de l'argent, montage de Paul Grignon (qui a aussi produit "l'argent dette").
Ce 'conte' permet aussi de mettre en valeur que la véritable richesse est ce que l'on produit et ce que l'on échange, les échanges étant essentiellement basés sur la confiance: qu'elle prenne ou non la forme d'espèces sonnantes et trébuchantes, ou de simples billets, voire de données électroniques, n'est pas, ou ne devrait pas, être le plus important.
Il semble, hélas, que l'histoire du roi Midas n'ait pas suffi: trop de nos contemporains pensent que ce qui compte le plus, c'est la capacité de financement, pas la capacité de production, et "donc" que l'argent compte plus que les possibilités de production de richesses réelles. 
Tags: Argent, monnaie, création, Paul Grignon, banques, échanges.

Interlude: La création monétaire, c'est élémentaire. (rajout 28/03/2013)
Le principe de base de la création ou de la destruction bancaire: le bilan d'une seule banque varie en volume, le total des bilans des autres banques (privées ou centrale) du système bancaire ne varie pas. Si des bilans varient, en dehors du système bancaire, cela montre une diffusion (ou une restriction) de la masse monétaire disponible pour "l'économie réelle".

Vidéo 15 : (15 - UV3&4 - la dette publique pour les nuls)Vidéo tournée fin 2011.
Montre l'influence des diverses lois (1973, 1993, article 104 de Maastricht, article 123 de Lisbonne) sur le montant des dettes publiques, les états ne pouvant plus s'approvisionner en monnaie auprès des banques centrales. Le privilège exorbitant des banques, celui de "battre monnaie", tout en privatisant leurs profits et en socialisant leurs pertes. Racontée avec humour, une histoire de robinets, de baignoires et de flux entre banques centrales et banques privées. Une seule conclusion; redonner aux états, et donc à la France, eur souveraineté monétaire.
Tags: privilège monétaire, flux, taux d'intérêt, dettes publiques, banques, loi 1973, Maastricht, Lisbonne, arnaque monétaire, couverture fractionnaire.

Vidéo 16 : (16 - UV3.La Banque Centrale Européenne face à la crise de la dette) 
Vidéo de la série "dessine moi l'économie" très réductrice, puisqu'elle parle essentiellement du rôle d'une émission monétaire trop importante (surtout si elle était 'publique')  qui serait LA cause de l'inflation, comme s'il n'y avait qu'une cause à l'inflation. Cela permet de justifier les lois de 1973 et de 1993. Une interrogation finale qui n'est pas sans intérêt (mais qui a peu à voir avec le titre de la video, là encore): la BCE peut-elle poursuivre 2 objectifs à la fois, lutter contrer l'inflation, tout en luttant contre le chomage. Bel exemple, en tout cas, d'une pensée unique en économie que l'on inflige à nos étudiants.
Tags: BCE, banque, monnaie, inflation, chomage, objectif, politique monétaire, circuit économique.

Vidéo 17 : (17 - UV3&4.MarineResorberNotreDetteSortirDeLaLoi1973)
reprise des 6 premières minutes de:
http://www.youtube.com/watch?v=1G9rx8YU15E
L'accent est mis sur la loi de 1973, aggravée par la suite par l'article 104 et 123 des traités respectifs de Maastricht et de Lisbonne. 1400 milliards d'euros d'intérêts dus, fins 2011 sur une dette publique dépassant 1710 milliards, 1450 milliards d'intérêts sur une dette s'approchant, fin 2012, de 1840 milliards d'euros, de l'ordre de 90% du PIB de la France, en stagnation complète sur les 5 dernières années. L'Etat ne peut plus emprunter sans intérêts ...
Tags: création monétaire, dettes publiques, emprunt, loi 1973, traités européens, banque centrale, Marine Le Pen.

Vidéo 18 : (18 - UV4.François Hollande et la réduction des dépenses publiques)
Emission Arte et Liberation
F. Hollande avance un peu vite des chiffres sur la résorption des dépenses publiques, qui représenterait un effort historique pour réduire la dette. Que cela soit vrai ou non, on peut se demander si cela devrait être la priorité, mais cette question n'a pas été posée.
Tags: F. Hollande, dépenses publiques, déficit, emploi, service public.

Vidéo 19 : (19 - UV4.Hervé Juvin  les raisons de la dette ) les 4 premières minutes de
Fin de l'économie néo-libérale? La fin d'un consensus social simultanément à la fin de la guerre froide. Le "ventre mou" de la classe moyenne se rétrécit à vue d'oeil, l'indivualisme reprend le dessus, associé peut être à un certain consumérisme.
Tags: consensus, classes sociales, fordisme, demande solvable, dette, guerre froide, reconstruction, hervé Juvin.

Vidéo 20 : (20 - UV4.TVA, ISF, IRPP  comprendre le budget de l'Etat) 
Que représente le budget de l'Etat, d'où vient-il, à quoi sert-il?
Tags: Ecoscope, comptes nationaux, budget de l'Etat, recettes fiscales, impôts, TVA, revenu.

Vidéo 21 : (21 - UV5.Patriotisme économique ou protectionnisme) 
Un débat de France Info entre Giret(Libération) et Orcival(Valeurs Actuelles). L'Europe est évidemment contre toute mesure de "protection". Attention à la naïveté économique face à des pays comme la Chine.
Tags: protectionnisme, patriotisme, débat, idéologie, frontières, guerre des monnaies, compétitivité, cohérence.

Vidéo22 : (22 - UV3.Loi du 3 janvier 1973 sur la Banque de France  Les aveux de Michel Rocard)
Interview sur Europe1. Plusieurs lois sont visées, la loi de 1973, la loi de 1993 (erreur sans doute sur une loi éventuelle de 1974, car confusion avec la présidence Giscard qui a débuté en 1974). Rocard avoue que chacun savait, dans les "hautes sphères", les conséquences qu'aurait cette loi, ou ces lois, reprises dans les traités européens. Mais il l'avoue près de 40 ans après ...

Vidéo 23 en quatre parties sur « l'arnaque de la dette publique »
(23 -00 - UV4.(MLP 2011) L'arnaque de la dette publique!)
Partie1 de l'intervention de MLP. 
Marine Le Pen, à l'occasion d'un hommage fait à Maurice Allais, décédé fin 2010, s'attaque à l'oligarchie financière.
Tags: Marine Le Pen, arnaque financière, dette publique, Maurice Allais, 2011, désordre monétaire, trente glorieuses, service public.

(23 -01 - UV4.(MLP 2011) L'arnaque de la dette publique!)
Partie2 de l'intervention de MLP. 
Le surendettement de l'Etat français serait essentiellement dû au racket payé à l'oligarchie financière du fait de la loi inique Pompidou Giscard de 1973, confirmée dans les traités européens de Maastricht et de Lisbonne
Tags: Marine Le Pen, quarante piteuses, dette publique, loi de 1973, intérêts exorbitants, loi Pompidou Giscard, article 104, Maastricht, Lisbonne, battre monnaie, banques privées, usuriers, spéculation, marchés finaciers, monétisation, monnaie utile, surendettement.

(23 -02 - UV4.(MLP 2011) L'arnaque de la dette publique!)
Partie3 de l'intervention de MLP 
Tout serait fait pour cacher au "petit peuple" ce racketdes intérêts cumulés conduisant à une dette perpétuelle impossible à rembourser. Ce pillage a été évoqué par de nombreuses personnalités, dont Heny Ford il y a déjà trois quart de siècles. Les ravages de la mondialisation sont renforcés par la financiarisation de plus en plus envahissante de l'économie moderne.
Tags: Marine Le Pen, Maurice Allais, dette publique, monétisation, racket, privatisation rampante, intérêts cumulés, dette perpétuelle, etraites, pillage, financiarisation, mondialisation, Bonaparte, Henry Ford.

(23 -03 - UV4.(MLP 2011) L'arnaque de la dette publique!)
Partie4 de l'intervention de MLP
Le système UMPS, dans leur logique financière mortifère, ne pourra jamais rembourser les dettes publiques. Dans le meilleur des cas, il leur faudrait plus de 100 ans, et cela, au prix de sacrifices sociaux insupportables (Entretien effectué début 2011: depuis lors, la dette a encore augmenté de plus de 250 milliards d'euros)
Tags: Marine Le Pen, UMPS, système, remboursement impossible, sacrifices sociaux
*****
Vidéo24 : sur l'Euro et le Franc 2012, UV3&4, en guise de conclusion (proposition émise pendant la campagne présidentielle de 2012)Une monnaie nationale, un euro-franc ou un franc 2012
Entretien réalisé pendant la campagne présidentielle de 2012 avec Bruno Lemaire, Club Idées Nation, conseiller économique de Marine Le Pen. La zone Euro est instable, et non viable économiquement sans mesures d'accompagnement drastiques qui risquent de condamner nombre d'économies européennes à des souffrances inutiles. La question des retraites et de l'Epargne finira elle aussi par se poser, les marchés financiers n'étant préoccupés que par le court terme.
Tags: monnaie, politique monétaire, change, monnaie unique, monnaie nationale, dépréciation, échanges, concurrence déloyale.

Bon cheminement maïeutique ... et critique, bien sûr.



A_Chypre_Les _Banques_Veulent_lever_directement_limpot


Banquiers et politiciens européistes, même combat.

Billet d'humeur de Bruno Lemaire, Professeur Emérite HEC, Club Idées Nation.

Le « braquage » envisagé à Chypre ne fait que confirmer ce que Marine Le Pen a tenté de dire à nos compatriotes tout au long de sa campagne présidentielle : les politiciens du système ne sont que des petits commis au service de la « haute finance » et de ses basses œuvres.

Pour 'renflouer' les banques chypriotes, les ministres des finances de l'Union Européenne n'ont rien trouvé de mieux que de suggérer à Chypre de permettre à leurs banques de « lever directement l'impôt» : c'est bien plus fort encore que la loi Pompidou-Giscard de 1973, plus fort encore que les articles 104 et 123 des traités de Maastricht et de Lisbonne. Les banques pourraient se substituer directement à l'Etat : on se croirait revenu à la période de Nicolas Fouquet, (rien à voir avec l'établissement du même nom...) ce qui lui avait coûté le bannissement à vie par Louis XIV.

Certes, les finances de Chypre ne vont pas bien, et l'on peut imaginer que certaines malversations en sont en partie responsables. Mais pourquoi confondre les intérêts des banques avec celles de l'Etat. S'il faut financer les dettes publiques, quitte à spolier certains épargnants, pourquoi ne pas décider de rembourser directement les dettes publiques chypriotes, plutôt que de renflouer les banques. Y aurait-il confusion totale, et enfin avouée, entre les banques et les états ?

Devons nous nous attendre en France à ce que les 1200 milliards de dépôts à vue, et les 800 autres milliards d'épargne « courte » de nos compatriotes soient en partie ou totalement réquisitionnés, non pas pour payer les dettes publiques, mais pour « recapitaliser » les banques – sachant que le passif de nos 4 plus grandes banques équivaut déjà à plus de 3 fois notre PIB ?

mercredi 13 mars 2013

Trop_De_Dettes_Pas_Assez_De_Pouvoir_D_Achat


Trop de dettes et pas assez de pouvoir d’achat

Entretien avec Bruno Lemaire, club Idées Nation.

Q. Bonjour. Vous dites « trop de dettes » et « pas assez de pouvoir d’achat ». Que voulez-vous dire par là, que la France est en faillite, et que la situation est sans espoir ?
Je pars tout d’abord d’un constat. Ce n’est sans doute pas le seul à faire sur le (mauvais) état économique de la France, mais c’est sans doute l’un des seuls qui puisse faire consensus, en dehors de toute arrière-pensée politique, voire idéologique.
De plus, pour répondre à votre question, aucune situation économique n’est sans espoir, du moins tant que l’on ne nie pas la réalité des faits, et que l’on cherche réellement à s’attaquer aux véritables causes, et non à ses seuls effets.

Q. Et quelles seraient les véritables causes de cette faillite et de ce pouvoir d’achat insuffisant?
J’ai déjà abordé ce sujet dans d’autres billets ou ‘causeries’, mais s’il faut résumer ma position d’une seule phrase, je dirais que c’est la faute des taux d’intérêts, ou, plus globalement, du fait que les frais financiers, que ce soit en France, au Royaume Uni ou en Allemagne, représentent maintenant plus de 35% du coût des biens et services, alors que cette proportion n’était que de quelques 'pourcent' il y a une quarantaine d’années. Et je n’intègre pas les profits ‘normaux’, les profits ‘entrepreneuriaux’ dans cette notion de frais financiers. Ces frais financiers sont les frais liés à l’endettement progressif de notre économie, et aux taux d’intérêt exorbitants, puisque de l’ordre de 2, 3, 10 fois le taux de croissance réel de l’économie.

Q. Même si cette proportion – le tiers du coût en frais financiers - semble effectivement énorme, en quoi est-ce nocif pour l’économie dans son ensemble ?
Maurice Allais, grand libéral pourtant, aurait dénoncé ce fait – il l’a d’ailleurs partiellement fait – en parlant de « revenus non gagnés » ou de « rentes imméritées ». Mais cela mis à part, ce sont ces frais financiers de plus en plus importants – réinvestis dans toute autre chose que l’économie réelle – qui expliquent la différence, le décalage, le ‘gap’, entre le pouvoir d’achat réel, salaires et profits – c’est-à-dire la demande solvable – et la production de biens et services disponibles sur le marché.

Q. Je ne suis pas sûr de comprendre. Comment peut-il y avoir insuffisance du pouvoir d’achat, les frais financiers sont des revenus, justes ou injustes, comme les salaires et les profits ? Ils peuvent donc être dépensés comme tout autre revenu, et être utilisés en tant que pouvoir d’achat…
Je vais répondre sur deux plans, deux niveaux, l’un micro-économique, individuel, et l’autre macro-économique, plus global.

D’un point de vue individuel, si vous avez 35% d’emprunts à rembourser chaque mois, c’est autant de moins que vous pourriez utiliser sinon pour vos dépenses courantes, ne fut-ce que pour simplement survivre. Michael Rowbotham, l’auteur de « grip of death », a ainsi calculé qu’entre 1963 et 1990, les ménages britanniques ont dû consacrer une somme de plus en plus importantes à leur logement (7% en 1963, 28% en 1990, près de 35% sans doute maintenant). Et ces chiffres doivent être encore plus importants en France, en particulier dans la région parisienne.

D’un point de vue plus global, la majorité de ces frais financiers, au lieu de retourner dans la sphère de l’économie réelle, dans la sphère de la production de biens et services concrets, a été investie dans des actions ou dans des produits financiers, avec les conséquences que l’on sait, ou dans l’immobilier, dans une frénésie spéculative qui ne peut que très mal se terminer.

Là encore, si je reprends le cas du Royaume Uni, en enlevant ainsi tout biais éventuel lié à l’Euro, Michael Rowbottam,- encore lui – ou les économistes de « Positive Economy » ont pu calculer – en évaluant le montant des hypothèques immobilières – que le secteur financier possédait maintenant plus de 40% de tous les immeubles ou maisons britanniques, contre seulement 5% un siècle plus tôt, ou ‘seulement’ 20% il y a cinquante ans.

Ces chiffres, et cette tendance - qui semble inéluctable - expliquent sans doute pourquoi l’INSEE, dans ses calculs d’inflation, minore autant la part de l’immobilier dans le calcul de l’évolution du prix du panier de la ménagère, la ménagère « standard » pouvant de moins en moins payer son logement, si elle doit rembourser de tels frais.

Q. Si je comprends bien, les frais financiers ont pris une trop grande place par rapport à d’autres ‘revenus’, et en particulier par rapport au « pouvoir d’achat » du plus grand nombre ?
C’est tout à fait cela.

Q. Mais que peut-on y faire ?
L’objectif est simple : quand un malade a la fièvre, on ne casse pas le thermomètre, on tente de faire baisser cette fièvre, en s’efforçant tout d’abord de comprendre la cause profonde de cette fièvre.
Ici, une première cause est évidente, les frais financiers sont trop élevés. Mais il y a peut-être, avant cette cause, une cause plus importante …

Q. Laquelle ?
L’existence de taux d’intérêt trop importants, voire même l’existence de dettes qui, tant dans le domaine privé – entreprises et ménages – que dans le domaine public – dettes de l’Etat, des collectivités locales et des assurances sociales – font peser un poids de plus en plus insupportable sur l’économie. Chacun sait d’ailleurs, ou devrait savoir, que ces dettes ne pourront jamais être remboursées dans leur totalité, du moins dans un horizon prévisible, au moins 50 ans, sinon plus lointain encore.

Q. Je croyais pourtant que l’Allemagne, pour ne citer qu’elle, avait commencé à faire diminuer sa dette publique ?
C’est vrai, mais cela s’est traduit par le fait que la dette d’autres pays a encore augmenté. Là encore, comme pour le commerce international, c’est du simple bon sens. De la même façon que les pays ne peuvent pas être tous exportateurs nets, et que les exportations nettes d’un pays exigent des importations nettes d’un autre pays, le remboursement d’une dette par un particulier ou un état exige le plus souvent qu’un autre emprunt soit contracté.
C’est ailleurs ainsi que, pour la seule France, les dettes publiques n’ont jamais été réellement remboursées depuis 35 ans, bien au contraire. Ces dettes ont simplement été « roulées », c’est-à-dire que la France a réemprunté, tout d’abord pour rembourser ses dettes initiales, puis pour rembourser les intérêts de cette dette, puis pour faire face à d’autres dépenses non financées par son propre budget.

Q. Certes, mais pour l’Allemagne, c’est quand même différent, puisque sa dette publique a réellement diminué depuis 2 ans …
Oui, mais cette diminution s’est opérée aux dépens d’autres pays, qui au lieu d’emprunter directement pour rembourser leurs propres dettes, ont dû financer des dépenses sociales rendues plus importantes par le seul fait qu’un déficit commercial important se concrétise par des fermetures d’entreprises, d’usines, de commerces, et donc par un chômage accru.

Q. Je repose donc ma question. Si l’Allemagne, d’après vous, n’est pas nécessairement LE modèle à suivre, que peut-on réellement faire ?
La seule piste raisonnable est de privilégier l’économie réelle aux dépens de l’économie financière, en inversant ainsi le processus qui s’est peu à peu installé depuis des dizaines d’années, en s’attaquant à tout ce qui freine la production et la consommation. La France, et plus généralement l’Europe, voire le monde, se sont installés dans une économie d’endettement, le montant des dettes, privées ou publiques, étant de plus en plus important.

Q. Vous parlez de dettes, mais je suppose qu’il y a aussi des créanciers. Suggérez-vous de les euthanasier, comme Keynes le suggérait déjà en parlant des rentiers ?
Avant de vous répondre, permettez-moi de revenir un bref instant sur une situation idyllique, que d’aucuns connaissent sous la forme du conte de l’île des naufragés. L’idée est fort simple. Nous partons d’une situation pour laquelle il n’y aurait pas de dettes, aucun emprunt en cours., avec 3 producteurs consommateurs, un cultivateur, un meunier, et un boulanger.

Q. Dans ce cas, bien sûr, « pas de dettes » signifie pas de frais financiers à l’horizon…
Effectivement. Il se trouve cependant que, vu la longueur différente des processus de production, fabriquer du pain prend quelques heures au boulanger, fabriquer de la farine quelques jours au meunier, récolter du blé six mois ou un an (suivant les régions) au céréalier. C’est en partie pour cela que les économies modernes ne font pas que du troc, et que les échanges reposent en partie sur de la confiance : tu me donnes du pain maintenant, et je te promets de te payer dans quelques jours grâce à la vente de ma farine, ou dans quelques mois grâce à la vente de mon blé.

Q. Ces promesses de payer plus tard, c’est ce que l’on appelle le crédit ?
Tout à fait. Et ce crédit, entre particuliers ou entre entreprises a pris le plus souvent, et de plus en plus, la forme de la monnaie. Le seul hic, c’est que cette monnaie n’est pas contrôlée par les producteurs eux-mêmes, les producteurs de blé, de farine ou de pain, mais par d'autres 'intermédiaires', qu'ils soient banquiers ou « marchés financiers »

Q. C’est-à-dire ?
Prenons le cas d’un banquier. Pour que le boulanger n’ait pas besoin d’attendre une semaine pour être payé par le meunier, ou six mois pour être payé par le céréalier, il va proposer d’avancer de l’argent au céréalier – un emprunt sur un an – ainsi qu’au meunier – un emprunt sur 2 ou 3 semaines.
Bien sûr, cet emprunt devra être rémunéré. Mais, pour cela, il faudra aussi que les récoltes ou les fabrications futures de blé, de farine et de blé soient suffisantes pour rembourser, disons pour payer le banquier. Il faut bien que tout le monde vive …

Q. Cela me semble normal.
Oui et non. Tout dépend du taux d’intérêt. Le banquier ou la monnaie n’étaient pas indispensables au fonctionnement de l’économie, même si leur existence le simplifie : on aurait pu imaginer un système de comptabilité automatique prenant en compte les débits et les crédits de nos 3 protagonistes. Supposons cependant que l’intervention du banquier facilite la vie du céréalier, du meunier et du boulanger, et qu’ils vont ainsi produire davantage dans les mêmes conditions de travail. Cette production supplémentaire, d’une certaine façon, on peut dire que le banquier la mérite. Pour fixer les idées, supposons que, grâce au banquier, leur efficacité a cru de 3%, que leur « PIB » a cru de 3%.

Q. On pourrait alors accepter un taux d’intérêt de 3% ?
Oui, c’est tout à fait cela. Les « services » du banquier ont permis de produire 3% de plus.

Q. Mais que se passerait-il si le taux d’intérêt était de 4 à 5%, ou pire encore, si la production n’avait pas augmenté en dépit, ou à cause, de l’intervention du banquier ?
Et bien, c’est ce qui se passe actuellement, dans la situation que vit concrètement la France de ces dernières années. Les taux d’intérêt étant nettement plus élevés que le taux de croissance réel de l’économie, les banquiers et, plus généralement les marchés financiers, se sont enrichis sans cause – autre que le fait, privilège insigne, qu’ils sont les seuls à pouvoir « créer » de l’argent, en dehors de la banque centrale qui ne crée en fait qu’un petit pourcentage de l’argent réellement en circulation.
C’est dette disparité de plusieurs 'pourcent' – les pseudo-experts parlent de ‘points’ – entre les taux d’intérêt et le taux de croissance qui explique à la fois l’explosion des dettes – non remboursables à échelle humaine – et la croissance des rentes et des revenus non gagnés relativement à la stagnation, voire à la décroissance, des revenus ‘normaux’, salaires et profits, issus de la sphère productive, de la sphère non financière: les dit revenus ne représentant plus que de l’ordre de 60% du PIB, c’est-à-dire de la richesse produite.

Q. Je suppose que vous avez quelques chiffres, à l’appui de cette thèse ?
Un chiffre suffira, en sus de ceux déjà cités. Le PIB de la France, sur les cinq dernières années, est resté au mieux stable : croissance zéro, en euros constants (en défalquant une inflation officielle de 1.8%

Q. Ce qui fait qu’avec une inflation réelle de 4 à 5%, le PIB a diminué de près de 10% sur 5 ans …
Effectivement. Mais restons en simplement aux chiffres officiels, disons 2% d’inflation. Les taux d’intérêt aux entreprises ont varié entre 4 et 7%, et aux particuliers entre 6 à 18 % (en deça du taux dit « usuraire »). Cela montre bien que sur la dernière période, les financiers ont continué à s’enrichir au dépense de la sphère réelle, celle des entreprises et des ménages.

Q. Que suggérez-vous alors ?
Un encadrement très strict des taux de crédit. Aucun crédit aux entreprises ne devrait dépasser le taux de croissance envisagé. Si le taux de croissance budgété par l’Etat est de 0.5%, aucun crédit ne devrait dépasser ce taux. Si, pour diverses raisons, on considère qu’une inflation ‘tolérable’ serait de 2%, alors le taux de crédit aux entreprises ne devrait en aucun cas dépasser 2.5%, le taux ‘réel’ plus le taux d’inflation.

Q. Et pour le crédit à la consommation ?
Pour les crédits de première nécessité, la même règle devrait s’appliquer. Pour les autres biens et services, on pourrait éventuellement envisager de permettre 1% de plus, afin de ‘récompenser’ le comportement 'fourmi' (on épargne avant de consommer) plutôt que le comportement ‘cigale’. Mais des taux supérieurs devraient être illégaux.

Q. Mais, dans ce cas, plus aucune banque ne voudra prêter … Il faut bien que les banquiers gagnent leur vie …
Certes, mais il n’y a aucune justification technique, théorique, voire éthique ou philosophique pour que les banquiers gagnent mieux leur vie que les vrais ‘producteurs’.

Q. Et si, malgré tout, les banques ne veulent pas prêter ?
La solution politique est simple. Si les banques ne veulent pas prêter, on leur enlève le pouvoir de battre monnaie, c’est-à-dire de prêter de l’argent qu’elles n’ont pas, et qu’elles se contentent d’émettre à l’occasion de nouveaux prêts. L’Etat retrouverait ainsi sa souveraineté monétaire pleine et entière.

Q. Une dernière question. Que faut-il faire vis-à-vis des emprunts actuels ?
La suggestion la plus juste et la plus équitable serait d’appliquer la nouvelle règle, le nouvel encadrement des taux, aux taux en cours, afin que nul ‘rente indue’ ne soit permise, mais que les créanciers ne soient quand même pas (trop) dépossédés, même si les taux d’intérêt antérieurs étaient déjà sans doute très contestables, sur le plan éthique.

Q. Sans compter que les créanciers préféreront sans doute qu’on leur rembourse leurs créances, même avec un faible intérêt, que de risquer de tout perdre, si leurs débiteurs devenaient insolvables…
On ne peut mieux dire.