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lundi 18 novembre 2013

AuxAmisQuiNousVeulentDuBienEtQuiNousDonnentDesLeconsEnEconomie

Aux Amis Qui Nous Veulent Du Bien Et Qui Nous Donnent Des Leçons En Economie ...

Je n'aurais pas la méchanceté de dire à nos amis, anciens ou nouveaux, que leurs conseils, surement éclairés, ont participé peu ou prou, depuis 40 ans, à la situation économique désastreuse dans laquelle nous nous trouvons. S'il suffisait de diminuer les dépenses de l'Etat (sans dire où) et de na pas augmenter fiscalement ses recettes, même notre président, qui n'a jamais vu une entreprise de près depuis qu'il a quitté les bancs de HEC, aurait utilisé cette potion magique. Mais passons.

De fait, s'il y a un fort joli tir de barrage en ce moment contre les prétendues « dérives marxisantes ou collectivistes », ce n'est pas innocent. Tout se passe comme si on voulait déstabiliser une ligne économique "stratégique" au FN.

Le FN aurait tout faux sur le plan économique (il est vrai que c’est de plus en plus difficile de l’attaquer sur ses autres points : immigration galopante, insécurité exponentielle – et pas seulement « sentiment » d’insécurité – politique familiale absurde, communautarisme exacerbé, clientélisme même plus caché …)

Mais revenons à nos faux amis, et à nos vrais adversaires, qui prétendent que c’est avec toujours plus de libéralisme et toujours moins de dépenses publiques – bonnes ou mauvaise, peu importe, elles seraient à condamner ‘globalement’.

Je vais reprendre ici deux points, celui de l’Euro et celui du protectionnisme « raisonné »  – en plus du fait que certaines dépenses, liées à l’immigration, à la fraude fiscale et sociale, et à notre participation au budget européen pourraient être taillées dans le vif, ce qui diminuerait de ce seul fait les dépenses annuelles de l’Etat d’environ 50 milliards.

Tout d’abord, devons-nous rappeler que Marine Le Pen n’a jamais dit que l’Euro allait nécessairement éclater, mais que la zone Euro était sous perfusion, sous soins palliatifs, depuis 2010. C’est un constat, difficilement niable. L’Eurozone est une zone monétaire instable, avec beaucoup de perdants, et peu de gagnants. Cette copropriété, bâtie de bric et de broc, ne tient plus que grâce à la volonté et les décisions monétaires d’un ancien employé de Goldmann Sachs, qui sait fort bien comment trafiquer les comptes de certains états, puisqu’il s’est fait les dents, dit-on, sur la Grèce.

Les économistes du FN/RBM, contrairement à des experts aussi talentueux, ou aussi reconnus, que Messieurs Sapir ou Attali (en novembre 2011 pour ce dernier), n’ont jamais dit qu’il y aurait disparition automatique de l'Euro en 2012. Je me permets d’ailleurs de renvoyer le lecteur ou l’internaute à mes propres articles ou conférences à ce sujet. Par contre, ce que nous avons toujours dit, c’était qu’une sortie concertée de l’Euro était la seule bonne piste, car une éventuelle, et fort plausible, explosion de l’Euro aurait des conséquences catastrophiques, en sus des centaines de milliards de l’Euro déjà dépensées en vain.

Certes, l'Euro peut continuer à être sous soins palliatifs pendant des mois, voire des années, mais avec des conséquences insupportables pour les entreprises françaises et donc pour les salariés français.

Sur ce point – en dehors de la dissolution concertée de l’Euro – la seule autre solution serait que, effectivement, l'Allemagne accepte "gentiment" de continuer à faire crédit à ses débiteurs commerciaux et de s’inscrire simultanément dans l’esprit de la Charte de la Havane, à savoir faire en sorte de diminuer ses exportations et d’augmenter ses importations. Mais pourquoi le ferait-elle, même si le simple bons sens impliquerait qu’aucun pays ne peut vivre indéfiniment aux dépens de ses voisins.

C’est justement de ces équilibres extérieurs que nous allons maintenant parler.

Marine Le Pen défend, comme le regretté Maurice Allais l’a fait en son temps, et comme l’avait fait avant lui Keynes, l’un des inspirateurs de la charte de la Havane de 1946-47, un protectionnisme raisonnable, consistant justement à faire en sorte que les différents pays soient en équilibre extérieur avec leurs voisins. Ce protectionnisme intelligent – et de bon sens – a pour objectif de réguler – et non de bloquer – les différents flux internationaux, flux de capitaux, flux de biens, flux de service, et enfin flux migratoires.

Il y a sans doute des gens qui confondent de bonne foi des barrages et des écluses – peut-être n’ont-ils jamais vu de cours d’eau, de bateaux ou de péniches … Mais pour la majorité de nos concitoyens, confondre un mur avec une porte, un barrage avec une écluse, le mur de Berlin avec des frontières devrait relever d’une particulière mauvaise foi.

La France a toujours été un pays ouvert sur l’extérieur, ce qui ne veut pas dire ouvert aux quatre vents. La France existait avant l’Euro, et il faut espérer qu’elle existera encore après l’Euro. Les faits sont têtus : avant l’Euro, la France avait un solde commerciale positif, depuis l’instauration de l’Euro, son solde commercial est très déficitaire. Faudra t-il continuer longtemps à se boucher les yeux, ou faite la politique de l’autruche, même si, en politique, les noms d’oiseaux sont de plus en plus mal connotés.

Un dernier point, en ce qui concerne les déficits publics, évidemment trop importants, surtout lorsqu’ils ne sont pas utilisés pour construire l’avenir, mais pour léguer à nos enfants et petits enfants une dette de plus en plus insurmontable. Ce n’est pas parce que les véritables richesses sont pour la plupart, créées par les entreprises, grandes, moyennes, petites ou très petites, qu’il faille nécessairement ‘taper’ sur les fonctionnaires, ou sur leur nombre, pas nécessairement optimal. Si on veut traiter intelligemment et efficacement ce problème, c’est d’abord en s’interrogeant sur leur efficacité, vis-à-vis du service public que tout état devrait assurer à ses concitoyens et administrés.

Il y a de bonnes dépenses publiques, et sûrement aussi de mauvaises dépenses publiques. C'est exactement ce qu'a dit Marine Le Pen le 12 janvier 2012, ce qu’elle a aussi rappelé à d’autres reprises. Oui, il faut sans doute diminuer certaines dépenses, comme les dépenses liées à  immigration et à l’Europe, et augmenter certaines recettes, en luttant vraiment contre les fraudes sociales et fiscales.


Arrêtons d'avoir peur dès qu'une belle âme prétend que le FN s'embarque dans une voie sans issue. Les entreprises ont besoin de stabilité, mais aussi d'un secteur public cohérent. Ce n'est pas être anti-entreprises que de le dire. Quand j'entends des prétendus économistes qui n'ont jamais travaillé dans des entreprises, cela me navre. Mais, à l'inverse, il ne suffit pas d'être entrepreneur pour se prétendre économiste.

LeProgrammeEcoDeMArineLePenalafoisCoherentEtEfficace

Le programme économique du Front National est cohérent et crédible, n’en déplaise à ses contradicteurs, par Bruno Lemaire, docteur ès sciences économiques, conseiller économique de Marine Le Pen

Devant la montée du Front National, la quasi-unanimité des médias semble s’être donnée le mot : il faut tout faire pour décrédibiliser le mouvement dirigé par Marine Le Pen. L’article des Echos signé par Eric Le Boucher, intitulé « les aberrantes propositions économiques du FN » s’inscrit clairement dans cette problématique, et pour cela, il n’hésite pas à mélanger contre-vérités, omissions ou affirmations sans aucun fondement.
Pour quelqu’un qui se présente comme libéral – ce qui est normal pour un diplômé de Dauphine – le premier argument du sieur Le Boucher, et presque le crime absolu, serait que le programme proposé par Marine Le Pen serait une simple copie de celui de la gauche (« Les chapitres du « Projet » présidentiel de Mme Le Pen sont des copiés-collés de la gauche »). Un tel argument serait risible si la situation économique et politique de la France n’était pas si grave.
En dehors de cette affirmation sans fondement – autre que le fait que Marine Le Pen se préoccupe sûrement davantage du sort des ouvriers, des employés et de la classe moyenne et populaire que ne le fait la prétendue « gauche » - notre journaliste économique, ou notre économiste journaliste se retrouve en pleine contradiction, puisque tout en accusant Marine d’être de gauche, voire d’extrême gauche, il lui reproche d’être poujadiste, ou de l’avoir été. Manifestement Monsieur Le Boucher a du mal à comprendre ce que Marine entend par Etat stratège, un état à la fois protecteur des plus faibles, mais aussi garant des grandes souverainetés nationales, quand le contexte l’exige. Pour Monsieur Le Boucher, manifestement, il faudrait être soit libéral – en fait ultra-libéral – soit collectiviste, pour ne pas dire marxiste-léniniste (d’où la  comparaison qu’il se permet de faire entre Marine Le Pen et de défunt président du Venezuela, H. Chavez).
Il y aurait sans doute beaucoup à dire sur le rôle de l’Etat, balayé en quelques mots par Eric Le Boucher, mais revenons à la seule partie de l’article qui pourrait apparaitre argumentée, à savoir les trois points de la « priorité aux français », de l’Etat fort, et du « retour au franc ».
Sur le troisième point, qu’il serait plus honnête et plus précis de dénommer « renaissance du franc » pour cause de désastre de l’Euro et de faillite de l’eurozone, de nombreux économistes, de gauche comme de droite, français comme étrangers, ont montré l’insanité de nombre de propos de ceux quoi veulent à tout prix défendre l’indéfendable, à savoir le maintien coûte que coûte d’un euro, sous perfusion depuis plus de 3 ans, et qui a conduit la zone euro à être l’une des zones économiques les plus fragiles du monde. Entre les arguments  fort bien documentés d’un Jacques Sapir et ceux, à l’emporte-pièce, d’un Jacques Attali, qui veut défendre à tout prix sa ‘créature’, le bon sens aura vite choisi le premier Jacques. Il faut tenter de sortir de façon concertée de la zone Euro, avant que les dommages causés ne soient quasiment irrémédiables, lorsque la zone euro finira par exploser. C’est la position du Front National, et c’est la seule crédible.
Sur l’état fort, j’ai déjà esquissé une réponse : Eric Le Boucher ne comprend pas, ou feint de ne pas comprendre, la notion d’Etat stratège de Marine Le Pen, en faisant croire que l’Etat dont rêve Marine serait un état « soviétique », alors que s’il existe véritablement des tendances « soviétisantes en Europe », elles viennent bien davantage de la BCE, de Bruxelles, voire du FMI que de la volonté ou des propositions patriotes de Marine Le Pen. Et ce n’est pas en insinuant que le Front National serait social-national (pour ne pas dire nazi) que Monsieur Le Boucher se grandit, ou honore sa profession.
Sur le premier point, « priorité aux français », là encore Erci Le Boucher se contente, en guise d’argumentation sérieuse, de dire que les chiffres donnés par certains spécialistes reconnus des flux migratoires à propos du coût de l’immigration – 50 à 70 milliards d’eurosannuels – seraient faux, et que l’immigration serait, en fait, une « chance pour la France ». La preuve, avance notre journaliste, serait que comme les immigrés sont plus jeunes que la moyenne de la population « autochtone », ils cotisent davantage qu’ils ne perçoivent.
Ce ‘raisonnement’ aurait peut-être été vrai à la fin des années 1960, quand l’immigration était essentiellement une immigration de travail, qui ne concernait globalement et que quelques centaines de milliers d’individus, et au moment où il y avait quasiment le plein emploi. Mais ce n’est plus le cas depuis longtemps, depuis la loi du regroupement familial Giscard-Chirac, loi apparemment humaniste mais qui a vu déferler sur notre sol des millions de malheureux, dont la plupart n’ont jamais travaillé, et encore moins cotisé. Avec 5 millions de chômeurs, comment peut-on considérer que les cotisations des immigrés actuels et futurs, sans emploi, vont pouvoir financer les prestations diffusées si généreusement – et parfois beaucoup plus généreusement à ceux qui ont vécu et travaillé en France depuis des décennies - à tous ceux qui mettent le pied sur notre sol !
Il y aurait encore beaucoup à dire sur la qualité du programme présidentiel de Marine Le Pen et du Front National, en particulier sur les écluses commerciales  qu’il faudra mettre en place, mesures phares d’un protectionnisme intelligent et raisonné, pour lutter contre la concurrence déloyale de pays qui semblent avoir redécouvert l’esclavage que les occidentaux ont, peu ou prou, abandonné depuis plusieurs siècles. Mais là n’est pas notre propos, qui était simplement de montrer que tout semblait bon aux adversaires de la présidente du Front National pour travestir la réalité de son programme, au prix parfois des contre-vérités les plus éhontées ou des amalgames les plus douteux frôlant la diffamation.
Qu’il me soit simplement permis de dire, en conclusion, et en tant qu’économiste, que je trouve bien atterrant qu’un journaliste des Echos, dont la formation économique aurait pu le dissuader de telles caricatures, puisse écrire de telles sornettes, sous le seul prétexte, de plus en plus apparent, que tout va être, et « doit être »,  fait pour tenter d’empêcher les idées de Marine Le Pen de triompher.

samedi 2 novembre 2013

EuroEtProtectionnisme_LeMauvaisProcesFaitAuFNetAuxSouverainistes

La question de l’Euro et du protectionnisme.

L’argument, si on peut le qualifier ainsi, le plus courant des partisans de l’Euro, en dehors du slogan « L’Euro, c’est l’Europe, l’Europe c’est la paix, donc s’en prendre à l’Euro c’est vouloir la guerre », est le suivant :  On ne peut revenir en arrière, bien ou mal, l’Eurozone est un fait irrémédiable, une donnée incontournable.

Cette résistance au changement, et cette peur de l’inconnu, ne peuvent être négligées, comme le savent pertinemment les chefs d’entreprise – peu représentés au parlement ou au gouvernement – et autres « managers », ce mot anglo-saxon ne devant pas être confondu avec celui de gestionnaires. Les véritables « chefs » doivent entraîner leurs troupes, les gestionnaires ou administrateurs s’occupent de l’intendance, certes utile, mais qui ne se place pas au même niveau.

Or, tout se passe actuellement comme si nous – je veux dire les français - n’avions plus aux manettes de la France de chefs, de véritables leaders, mais uniquement des gestionnaires, des administrateurs, voire de simples employés, plus ou moins bien rémunérés par « le système » lequel, lui, a tout intérêt à ce que les véritables problèmes ne soient jamais soulevés.

Ces gestionnaires qui nous « gouvernent » soit ne voient pas le problème – ou ne le voyaient pas au moment où ils ont été élus _ soit, lorsqu’ils le voient, le mettent sur le dos de l’équipe de gestionnaires qui les ont précédés – en cachant soigneusement que l’Euro a été créé virtuellement dès le traité de Maastricht que les partis dits « de gouvernement » ont soutenus d’une même voix.

C’est bien pour cela que les partisans de ce système, UMP et PS confondus, font tout pour nier la responsabilité de la mise en place de l’Euro, d’abord au niveau des transactions financières internationales, en 1998, puis au niveau des transactions quotidiennes, début 2002.

Les chiffres et les faits sont cruels, pourtant. Pour ne pas lasser le lecteur, je ne vais parler ici que de la France, ainsi que de son principal ex-partenaire, devenu son principal concurrent européen, à savoir l’Allemagne.

Dans la décennie qui a précédé la véritable création, concrète,  de l’eurozone, à savoir 1992-2001, la France (comme l’Italie d’ailleurs) n’a cessé de gagner des parts de marché, à la fois vis-à-vis de l’Allemagne mais aussi vis-à-vis du reste du monde, alors que l’Allemagne, au contraire, suivait le chemin inverse. Deux chiffres vont illustrer à la fois cette bonne santé exportatrice de la France, avant 2002, et sa lente détérioration, après cette date.

Au cours de la première période citée, le solde commercial de la France avait atteint  de l’ordre de 3% de son PIB : fin 2012, hélas ce solde, devenu négatif, est voisin de 3,5% du PIB français, soit une variation de 6.5% : 130 milliards d’euros, bien supérieur au déficit public de la France, pourtant abyssal et insoutenable.
Autre statistique, corroborant la première : la France, de plus, a perdu, en 10 ans, 40% de ses parts de marché à l’exportation, alors que l’Allemagne, elle, a peu ou prou conservé sa position au niveau global, avec des exportations culminant à 170 milliards d’euros, pour un déficit commercial de la France fluctuant depuis 2 ans autour de 70 milliards d’euros : 240 milliards de différence, contre une situation proche de l’équilibre en 2002. Seuls les aveugles et les gens de mauvaise foi peuvent nier cela.

Alors, que s’est t-il passé en 2002, au niveau économique et monétaire : la création de l’Eurozone, faisant de 12 pays fort dissemblables des passagers d’une même bateau, qui apparaît de plus en plus ivre avec ses 5 nouveaux passagers, ainsi qu’une emprise de plus en plus grande de l’OMC avec ses doctrines de plus en plus libérales.

Même si comparaison n’est pas raison, et même si corrélation n’est pas cause comme disent les ‘experts’, il est difficile de ne pas s’interroger sur la concordance de ces 3 situations ou événements : naissance de l’Eurozone, libéralisme de plus en plus marqué (au moins au niveau de l’Europe), et enfin détérioration de plus en plus marquée de la situation économique de la France.

Nos idéologues et adversaires patentés auront beau jeu de nous rétorquer que ce nouveau contexte – ou cette évolution vers toujours plus de libéralisme - ne semble pas avoir gêné l’Allemagne, bien au contraire. Et, sur ce point, ils ont raison, même si leurs arguments sont erronés.

L’Allemagne n’est pas nécessairement plus vertueuse que les pays latins, sauf sur un point central, du moins à l’intérieur d’une zone monétaire : en Allemagne, toute hausse de prix injustifiée est considérée comme un sacrilège, et les politiques comme les corps intermédiaires feront tout pour échapper à ce mal qu’ils jugent absolu : l’inflation.

Que peut-on alors constater : que la hausse des prix et des salaires est restée fort sage en Allemagne, puisque l’évolution des salaires a suivi à peu près exactement, en Allemagne, l’évolution de la productivité apparente du travail – même si cette notion est discutable – ce qui a conduit à une modération du coût salarial – et donc à une maîtrise du chômage accompagnée d’une croissance des investissements productifs. En France, au contraire, les salaires, quoique modestes, ont cru plus vite (si l’on parle des salaires bruts, les salaires nets, eux ont eux aussi subi l’impact d’une taxation de plus en plus forte) que la productivité apparente du travail, mais sans doute pas plus vite que l’inflation réelle, supérieure à l’inflation officielle incapable de mesurer correctement l’impact du coût des logements sur la véritable hausse des prix.

Certes, l’Allemagne a aussi d’autres avantages particuliers : un réseau de PME bien plus important que la France, l’accès à des travailleurs qualifiés venant de l’Europe de l’Est et bien moins payés que le travailleur allemand ‘standard’ , des syndicalistes plus auto-gestionnaires que révolutionnaires, une réputation ou un marketing « de qualité » de haut niveau.

Mais, en dehors de la monnaie commune et de l’afflux des travailleurs de l’Est, toutes ces caractéristiques existaient déjà avant la création de l’Eurozone, et n’avaient pas empêché la France d’avoir une croissance supérieure à l’Allemagne dans de nombreux domaines, à tel point que l’on imaginait, au milieu des années 80-90 que la France allait pouvoir supplanter l’Allemagne en tant que – à l’époque – troisième puissance industrielle du monde.

Alors, oui, l’Euro nous a apporté beaucoup plus d’inconvénients que d’avantages, même s’il est vrai que sortir de l’Eurozone ne sera ni facile ni une panacée. 12 ou 17 pays dans une même copropriété, dans une même zone économique, c’était sans doute une folie, mais la question qui se pose, c’est comment en sortir au mieux. Il est vraisemblable que c’est d’abord par le dialogue avec d’autres pays, qui ont subi la même dégradation de leur position économique, je veux parler notamment de l’Italie et de l’Espagne., en tentant de montrer comment la renaissance de monnaies nationales peut se conjuguer avec l’élaboration d’une nouvelle monnaie commune, qui aurait les avantages, sans les inconvénients du défunt ECU.

Mais cette collaboration monétaire ne peut se faire qu’en renouant avec des principes économiques de bon sens, ceux qui avaient été esquissés dans les principes de la charte de la Havane, à savoir le rééquilibrage des principaux flux, les flux de capitaux, les flux de biens, les flux de services, et enfin les flux migratoires. Sans ces équilibres, aucune nouvelle construction, à l’échelle de l’Europe des nations comme à l’échelle du monde, ne sera possible.

Dit ainsi, la question des déficits commerciaux ne peut que recevoir une seule réponse, celle d’un protectionnisme intelligent, ou raisonnable – position défendue d’ailleurs par Keynes dans les années 1930.
Bien entendu, nos adversaires tentent, là aussi, de caricaturer cette position en parlant de ligne Maginot ou de délire étatique, en feignant de croire que nous nous opposons à un fait avéré, à savoir la mondialisation et à l’internationalisation des échanges, alors que nous sommes contre le mondialisme qui n’est autre qu’une dérégulation à tout va (en dehors bien sûr des pays qui eux, protègent leurs frontières comme le Brésil, l’Australie, les USA ou la Chine, pour ne citer que les plus importants ou les plus emblématiques).

Il est si facile, du moins le pensent-ils, de prétendre que nous proposons des barrières protectionnistes, alors que nous parlons d’écluses commerciales de régulation des flux. Comme si un péage était un barrage, comme si une écluse était un muret ou une ligne continue de fortifications, comme si un Etat stratège, de type « plan à la française » avait quelque chose à voir avec l’Etat collectiviste de type soviétique.

Quarante ans de système UMP-PS et de financiarisation à outrance de l’économie, dans un contexte de « laissez-fairisme »  de plus en plus important, ont montré, ou devraient avoir montré, leurs limites.

Les tenants de ce système nient pourtant cette situation, en prétendant, soit qu’il faudrait plus de fonctionnaires – ce qui peut, effectivement, résoudre à court terme  la question du chômage, mais sûrement pas celle du pouvoir d’achat  - soit, tout au contraire, qu’il faudrait réduire le rôle de l’Etat à la portion congrue. Dans la société libérale que nous appelons de nos vœux, société dans laquelle l’esprit de créer, d’entreprendre et de fabriquer doit rester le pilier de notre civilisation, le rôle d’un Etat stratège doit être de fixer des limites, stables et compréhensibles par tous, tout en assurant des missions que le service marchand n’a pas vocation à faire, même si des délégations de service public peuvent lui être accordées, sous contrôle du peuple, le seul à être souverain.

Mais cette souveraineté du peuple ne peut être effective que si notre pays a lui même retrouvé sa souveraineté monétaire, budgétaire, fiscale et enfin juridique, ce qui est très très loin d’être le cas dans l’Europe hyper-fédérale que nos ‘gouvernants’ – assujettis à la tristement célèbre troïka – nous proposent.

En sus des précédents argumentations, que nous avons montré être de simples arguties de peu de valeur, à savoir : on ne peut revenir en arrière et, l’Allemagne s’en sort bien, pourquoi pas nous , un dernier argumentaire nous est parfois opposé, celui du poids des dettes publiques, déjà abyssal, et qui devrait cataclysmique si, d’aventure, la monnaie nationale renaissait, non de ses cendres, mais de celles de l’Euro.

C’est ainsi qu’une hypothétique dépréciation de 10% du « franc nouveau » par rapport à « l’euro ancien » conduirait, d’après nos contradicteurs, à une augmentation vertigineuse de notre dette. On a même entendu certains experts parler de 300 à 400 milliards d’euros, ou d’équivalents, en « supplément ». Il est vrai que lorsque l’on a amené la dette publique de la France à avoisiner actuellement les 1930 milliards, on n’est plus à quelques centaines de milliards près. Plus le mensonge est gros, plus il passe semblent croire ces ‘experts’.
De fait, les vrais chiffres seraient dix fois moindres, à savoir d’une trentaine de milliards (soit le 1/3 du déficit annuel français actuel) pour une dépréciation de 10% et, si nous voulions vraiment forcer le trait, d’une soixantaine de milliards pour une dépréciation de 20%.

Sur les 1930 milliards euro de dette, seuls 15% sont de droit international. Ce qui signifie qu'en cas du passage au « franc nouveau » suivi d'une dévaluation de 10%,  alors notre nouvelle dette serait de :


partie 1) 1930 * 85% = 1640 milliards de Francs (conversion de 1 Franc pour 1 euro, comme cela nous le permet en droit français)
partie 2) 1930 * 15% =  290 milliards de Francs à ré-évalués de 10%, soit 290 + 29 = 319 milliards de Francs
Ce qui conduirait à une dette totale de 1640 + 319 = 1959 milliards de Francs. Pour une dévaluation du franc/réévaluation de l’Euro de 20%, ces 29 milliards de suppléments (en francs) se transformeraient en 58 milliards (en francs).



On reste bien loin de la catastrophe annoncée, surtout si l’on sait que le fait d’une dépréciation de 10% conduirait à une croissance d’au moins un point de PIB, c’est-à-dire à 20 milliards d’euros (ou 22 milliards de francs), dont la moitié irait au trésor public, et à une diminution drastique de notre déficit commercial.

Mais cela, bien entendu, les tenants, avérés ou honteux, du système UMPS ne veulent surtout pas l’admettre.