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vendredi 31 octobre 2014

une monnaie commune pour sortir de la crise



Pour sortir sans trop de dégâts de la crise de l’Euro : une monnaie commune ?
Tribune libre de Bruno Lemaire, club Idées Nation



A un moment donné, 11 ou 12 personnes sur la même ligne. Un peu plus tard, ces mêmes personnes en (dés)-ordre dispersé. Que faut-il faire ? Que les plus lestes s’arrêtent, ou que les moins rapides se mettent à courir. A moins que l’on ne redonne un nouveau départ ?

Toute la problématique de l’Eurozone est résumée ainsi : une monnaie unique, ou une course avec des marcheurs-coureurs trop différents, cela ne marche pas.

La seule solution : refaire le point systématiquement, à des intervalles bien définis, en utilisant des critères objectifs, pour éviter toute spéculation. Dans le cadre monétaire, cela s’appelle avoir une monnaie commune, mais pas unique.

Concrètement, si la France et le Portugal décidaient d’avoir une monnaie commune, par exemple un euro français qui vaudrait 1.1 dollar et un euro portugais qui vaudrait 2°% de moins, la parité entre euro français et euro portugais (ou franc et escudo, peu importe) serait fixée pour une période fixe, par exemple 2 ans. Au bout de 2 ans, nouvelle fixation des taux de change, en fonction d’un critère objectif, par exemple le déséquilibre commercial éventuel entre ces deux pays, ce qui correspondrait à l’esprit de la charte de la Havane.

Bien entendu, ce qui est décrit au niveau de 2 pays est généralisable à l’ensemble des pays, de l’actuelle euro-zone ou non, qui voudraient coopérer ainsi. La variation éventuelle des taux de change, fixes mais ajustables, correspondrait ainsi à l’évolution respective des possibilités économiques des pays concernés. La monnaie commune ne serait plus un carcan, mais une aide pour chaque participant. Et chacun recouvrerait sa souveraineté monétaire.

jeudi 2 octobre 2014

Mario, aboule le fric



Billet d’humeur de Bruno Lemaire, secrétaire général du club Idées Nation

Le directeur – non élu- de la BCE croit au miracle. Il pense qu’en rachetant pour 400 milliards d’euros des obligations ou autres actifs financiers plus ou moins ‘pourris’ il va sauver les banques, l’Euro, l’Europe, et pourquoi pas le monde.

La seule chose que cette création monétaire va faire, c’est permettre aux banques d’avoir un bilan ‘retoiletté’ un peu plus présentable, au détriment de celui de la BCE. C’est reculer pour mieux sauter, car si l’objectif officiel de cette manne monétaire - « un quantitative easing » à la mode européenne - est de permettre aux banques de prêter à l’économie réelle, cette mesure n’aura aucun effet bénéfique bien au contraire. En fait, les entreprises n’empruntent plus, du fait de leur manque total de confiance en l’avenir, lié en grand partie à une demande et à un pouvoir d’achat complètement atones, pour ne pas dire en décroissance.

Ce surplus monétaire est donc voué, soit à dormir dans les comptes des banques privées, soit plus vraisemblablement à nourrir la spéculation boursière qui pousse la valeur des entreprises cotées à être sans doute plus de 50% surévaluées, si du moins on compare leurs valeurs boursières à leurs perspectives de bénéfices de court-moyen terme.

C’est évidemment la demande et le pouvoir d’achat du « simple citoyen » qu’il faudrait relancer, pas celui des banquiers ou des spéculateurs.

Si vraiment Mario Draghi veut créer de l’argent - 400 milliards pour l’UEM c’est à peu près 80 milliards pour la seule France - qu’il distribue donc 1230 euros (90 milliards divisés par 65 millions) à chaque français, ce sera beaucoup plus efficace pour relancer l’économie réelle, la seule qui devrait compter.